Visages

Autoportrait. Collage numérique.

 

Chaque matin quand on attend le transport écolier de mon fils, mon voisin sort avec sa petite fille qui porte un sac à dos de Dora. Je lui dis « bonjour » et je me dis « oh qu’il est chanceux que sa fille va à l’école la plus proche ». Mais je ne vais pas parler des écoles maintenait, ce petit commentaire n’est qu’un parenthèse.

Revenons. Ce matin, on attendait à la porte comme toujours et j’ai vu un homme qui s’approchait et qui faisait un sourire. J’ai tourné la tête un peu confuse. Quand il est passé à côté il a dit bonjour et il est rentré chez lui. « oups c’était mon voisin et je l’ai pas reconnu ! »   Bien sûr, sa fille n’était pas avec lui. Ils ont du sortir un peu plus tôt.

L’autre jour j’ai pris le même ascenseur qu’un animateur de la télé, il a sourit et il a parlé à mon fils. On était indifférents. On l’as pas reconnu.

C’est une histoire fréquente. Ça peut créer des malentendus… même très gros.

La raison est simple. La reconnaissance des vissages est un gros effort pour moi. Je reconnais plutôt la personne à partir des éléments concrètes qui restent dans ma mémoire: forme particulière des cheveux, lunettes, sac, accessoires, etc. J’analyse plutôt le contexte oú je vois la personne pour la reconnaître. Il y a tout un processus pour y arriver.

Une photographie peut aider dans la tâche, à ce moment là je peux regarder mille fois un visage qui ne bouge pas. La fréquentation fait aussi que je termine par reconnaître la personne facilement. Une coupe de cheveux peut me rendre confuse ou dans le cas de ce matin, la petite fille avec son sac à dos qui n’était pas là. Je dois donc aller chercher des autres indices: l’endroit, les circonstances ou un autre détail mais ça prend toujours un raisonnement qui peut être très rapide ou un peu plus long selon le cas.

Je pense que je ne suis pas la seule et que c’est à peu près semblable pour beaucoup de personnes autistes. L’entourage ou les gens en général ne le savent pas et en conséquence on obtient des jugements négatifs.

Néanmoins on sait que les autistes ont une excellente perception des formes et que si bien le traitement de l’information visuelle se fait d’une autre façon on y arrive très bien et des fois encore mieux que les non autistes.

La question serait donc: c’est quoi alors la cause ?

Ma théorie personnelle et je peux très bien me tromper  serait la focalisation. Dans mon cas je suis plus attirée à regarder des objets, des formes ou des lumières que les visages de personnes. Elle est ma réponse pour le moment, on verra si ça évoluera.

En attendant… soyez pas offensée si vous êtes pas reconnus …

 

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