Pensées d’une neurodiverse

IMG_1213

 

Je suis neurodiverse.

Vous aussi.

En fait, l’humanité entière est neurodiverse.

Les principes de biodiversité ou de diversité culturelle s’appliqueraient aussi à notre structure neurologique. Lors de mes conférences, j’explique à ma façon « primitive » : tout comme notre image extérieure est unique, notre « image intérieure » l’est aussi. Sauf que cette dernière est invisible. Elle se manifeste surtout par notre perception, par notre façon de communiquer, de socialiser, d’apprendre et par plein d’autres fonctions du cerveau.

Donc, il n’y a pas qu’une seule manière d’être humain tout comme il n’y a pas un seul modèle d’apparence physique. Je vois notre diversité comme une richesse infinie. Vous imaginez si tous les humains avaient la même forme, couleur, taille et les autres caractéristiques non visibles ? Ou si les arbres étaient tous pareils ?

Elle est ainsi, la maman nature. Diverse.

Je ne crois pas que la personne neurotypique existe. En tout cas, la bonne définition n’existe pas. Je me dis que, pour le déterminer, il faudrait faire une recherche où on considérera toutes les cultures partout dans le monde et en plus, leur évolution dans l’histoire.

Je ne crois pas qu’il y ait un humain modèle à  comparer avec les autres. Je crois plutôt que nous sommes des personnes avec des ressemblances et différences entre nous. Certaines qui se ressemblent plus que d’autres dans un ou plusieurs aspects. Un peu comme dans la palette de couleurs mais plus gros : multidimensionnel.

Si un tableau est magnifique pour moi, il ne le sera peut-être pas pour vous. Ce n’est pas parce que vous trouvez une phrase drôle / offensive, qu’elle le sera aussi pour moi. Ce livre chargé de métaphores que vous aimez sera probablement lourd à lire pour une autre personne. Si l’un apprend mieux par la lecture, l’autre apprend mieux par la pratique ou l’écoute ou… Enfin, il y a tellement d’exemples.

Je me suis rendue compte que, beaucoup de conflits pourraient s’éviter si on acceptait que « notre voisin » ne soit pas comme nous et qu’il ne va pas réagir comme nous. Si on acceptait qu’il y ait plusieurs manières d’exprimer / d’interpréter un message. Tant qu’il respecte la loi, les droits de l’autre et à l’exception de situations complexes, une conversation ouverte et respectueuse pourrait régler bien des désaccords. Qu’on arrêterait une partie des critiques, remarques, jugements : « tu devrais faire / dire … », « ce que tu dis est … », « tu as fait ça parce que … », « si tu croyais en … tu ferais », « tu as dit tel mot alors ça veut dire … », etc.

Un peu comme « Qu’est-ce que nous pouvons faire ensemble et qu’est-ce que nous ne pouvons pas »

Pour moi, ce n’est pas une question d’être autiste ou non-autiste ou parent ou enfant ou enseignant ou employeur ou n’importe quelle catégorie. Il s’agit simplement d’être un individu et d’être respecté comme tel. Tous. Vous et moi.

Je rêve ? Je sais que notre société ne fonctionne pas sous cette vision mais si nous ne faisons rien, rien ne changera. Au moins dans notre entourage.

« Beaucoup de petites gens dans des petits endroits, en train de faire de petites choses, peut changer le monde » disait Eduardo Galeano.

Après. La neurodiversité est aussi un mouvement né les années 90. J’y reviendrai. Probablement.

 

 

3 Comments

  1. Merci pour cette magnifique analyse !
    Une confirmation de ce que je pense vraiment . Ça me reconforte… C ‘est dans ce sens seulement que notre diversité deviendrait une richesse. Le contraitre c ‘est les desequilibres, les incomprehensions, les ecarts, la haine, les vices et tous les maux.

  2. Merci pour ces mots. M’autorisez vous à mettre un lien vers cet article dans mon blog?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *