Ne blessez pas nos enfants

 

autisme-10-320pxLâche-moi. Photographie, 2013

 

Faire mal à un enfant en sachant ce qu’on fait c’est abominable. Pire si le mal est physique et psychologique en même temps.

Nos enfants ont chacun ses propres caractéristiques, individuelles, dans son esprit et dans son corps. Alors toute intervention devrait être personnalisé et adapté aux besoins, perceptions et fonctionnement de l’enfant. D’où l’importance de former un équipe ouvert et riche en échanges entre les parents et les spécialistes.

Je dis toujours que la clé c’est le respect à cette personne unique. Je serai cette fois plus explicite:

1. Respectez son droit de percevoir à sa façon, une chose à la fois.

Citons comme exemple l’adulte qui s’approche à l’enfant autiste en lui disant: « regarde-moi quand je te parle ». C’est tellement courant et probablement inefficace puisque si l’enfant va se concentrer à regarder il va moins écouter et s’il écoute moins on va l’interpréter comme de d’opposition. Si de plus on le punit et il va se sentir frustré, triste et incompris. Il pourra avoir de réactions et la situation pourrait devenir pire quand en conséquence il sera nommé: enfant avec des problèmes de comportement. Je le vois comme une injustice.

Vous voyez une intervention apparemment bonne peut blesser et faire beaucoup de mal.

2. Respectez la structure de sa pensée.

Une consigne du dernière minute qui contre dit une consigne déjà établie et bien installée dans le quotidien. L’enfant va pas comprendre pourquoi si c’est l’heure, disons, d’aller aux toilettes on lui dit « va t’assoir », juste comme ça sans aucune explication. Les réactions peuvent être variés selon l’enfant. L’un pourra bloquer sans savoir quoi faire, l’autre va essayer d’aller de même, l’autre va essayer de faire savoir qu’il y a un erreur, un autre pourra pleurer, etc. Parce que dans la tête il y a une structure à respecter, si on doit changer une consigne il faut au moins une petite explication et il faut se montrer compréhensifs face à la variété des réactions. Donc l’envoyer en punition à cause d’une confusion qu’on a causé nous mêmes c’est totalement injuste. Ça blesse le cœur aussi. Ça laisse des souvenirs. On veut les inclure dans la société alors il faut une ouverture.

3. Respectez sa sensibilité.

Si vous touchez un enfant et il vous dit que ça fait mal, arrêtez immédiatement. Si on continue c’est une agression. C’est comme violer une personne quand elle dit non. Il faut respecter sa douleur et les sensations qui agressent son corps. Trouvez une autre façon de vous faire écouter. Je vous donne une qui marche presque toute le temps: l’explication gentil. Si l’enfant crie parce que vous êtes en train de l’agresser demandez jamais de se calmer pour le lâcher. Ne criez pas plus fort que lui. Ne le menacez pas et ne l’envoyez surtout pas en punition. C’est vous qui a  mal agi. C’est vous qui l’avez attaqué et vous le chattiez pour répliquer?

Il essaye de se défendre de vous. Oui, de vous. C’est pas supposé d’être le contraire et créer un lien de confiance?

Si c’est votre méthode vous faites mal. Ça va jamais fonctionner.

Également si vous mettez l’enfant dans une situation de peur ou d’anxiété avec votre voix, le désordre, les bruits ou les lumières. Respectez et comprenez sa réaction. Aidez-le.

4. Écoutez

Finalement, pensez qu’il fait déjà beaucoup d’effort pour élaborer une défense verbale. Si vous croyez pas ou vous l’ignorez quand il essaye de vous dire qu’il était distrait ou qu’il a pas bien écouté ou qu’il avait compris une autre chose, vous l’annulez et vous brisez la confiance.

 

Mesdames, messieurs qui travaillent pour aider nos enfants. Respectez. Nos enfants ne sont pas des objets. Ils ne sont pas tous pareils non plus alors votre cahier de notes est un guide mais pas une bible. Nos enfants ont des émotions, des sentiments et des fois très intenses. Ils ont besoin d’une personne de référence, une personne qui servira d’exemple, une personne à qui se confier. Ils devraient se sentir heureux de compter sur vous et ne pas avoir peur de vous.

Je sais que la majorité ne le fait pas intentionnellement mais que de crimes on commet au nom de l’amour. Informez vous bien, contactez les parents, soyez pacifiques. Ne suivez pas le manuel au pied de la lettre.

Je suis certaine que parmi ces adultes il y a aussi des personnes exceptionnels et ouvertes d’esprit qui savent comment intervenir, dans le respect et l’amour. Je vous félicite.

Vous savez, les punitions pour les autistes ne marchent pas fréquemment et la violence jamais. Une explication bien assimilé va durer toute la vie. Une blessure dans son âme peut être aussi. Vous avez des merveilleuses vies dans vos mains ne les détruisait pas.

Chers parents, ne l’acceptez pas. Personne à le droit de faire mal à votre enfant.

 

C’est la mère autiste qui signe. Celle qui a vu plein de choses inadéquates dernièrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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