La ville, oublie-t-elle ses artistes ?

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Nous les artistes, c’est souvent avec joie que nous acceptons une invitation à exposer. Présenter notre projet nous permet de partager notre démarche travaillée pendant plusieurs mois ou même des années. Nous sommes aussi heureux de voir passer l’annonce de notre exposition dans un catalogue et de recevoir les retours encourageants des visiteurs.

Pourtant, nous ressentons, assez souvent, le gout amer de la non-reconnaissance de nos droits d’artiste.

Aucun cachet. Aucun payement.

Il y a quelques mois, je regardais, émue, mon exposition fraichement montée, en me disant : «Elles sont belles, mes photographies, installées dans la vitrine, la personne qui a nettoyé les verres est probablement plus chanceuse que moi, elle a probablement le droit à une rémunération»

Dans notre cœur d’artiste, souvent, nos motivations sont plus fortes que l’argent. Engagés pour une cause, nous pourrions offrir notre travail gratuitement sans rien recevoir. Au nom de la cause. Devant le lever d’épaules de certains : «s’il a signé le contrat tout est correct».

À la longue, cela nous fait mal.

Nous pouvons le faire une fois en sachant que ce n’est pas juste et une autre fois et une autre fois. Finalement, le poids de l’injustice se fait lourd et le désir d’agir arrive. Même si notre voix peut être petite.

Saviez-vous que les artistes qui exposent dans les bibliothèques de la Ville de Montréal ne reçoivent pas normalement des redevances? Peut être qu’il y aurait des exceptions que je ne connais pas. Nous sommes libres de signer le contrat, oui. Nous le faisons, mais comme je le disais, parce que nos motivations pourraient être plus fortes que tout et ce n’est pas certainement parce que nous ne voyons pas que la situation est injuste.

Je vais me mettre comme exemple.

Auteure et artiste professionnelle, reconnue selon la loi, invitée à exposer. La dernière fois, j’ai présenté mon projet photographique «Aimer dans l’imbroglio», soutenu par le Conseil des arts du Canada. Dans mon contrat, la ligne « Redevances » disait « s. o. ». J’ai signé. Parce que mon projet artistique propose des réflexions qui vont contribuer à une meilleure compréhension des personnes autistes. Parce que je suis autiste, mère d’un enfant autiste et sensible à notre histoire et aux actes d’injustice et de discrimination que les autistes subissent encore à nos jours. J’ai signé en sachant qu’aucun payement ne se ferait.

Je me pose néanmoins des questions : pourquoi mon projet qui représente un apport artistique social et culturel ne mérite pas d’être reconnu ? Pourquoi je n’ai pas le droit de recevoir un cachet d’artiste? Est-ce que la Ville de Montréal est si pauvre? Suis-je considérée comme moins professionnelle parce que je ne suis pas fort connue?

Nous ne pouvons pas dire que le fait de nous inviter à présenter une exposition est une rétribution. Non.

La Ville de Montréal oublie-t-elle ses artistes?

En une tentative de trouver des réponses et ouvrir le dialogue, j’ai décidé d’écrire à la Ville de Montréal en octobre 2016. J’ai parlé aussi avec des représentants d’organismes pour les artistes et ils m’ont offert du soutien dans ma démarche. La ville a répondu d’une manière que je trouvais floue. J’ai écrit en conséquence une deuxième lettre, plus directe en novembre dernier. Nous sommes à la fin de janvier 2017 et je n’ai pas reçu de réponse.

Quoi faire? Je n’ai pas oublié ce dossier. Je fais mon possible pour que ma voix soit entendue, je sais que d’autres artistes avant moi ont dénoncé ce type de situations.

Et nous attendons et attendons. C’est trop non?

Ma gratitude, M Bernard Guérin, Directeur général, Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV), M. Jerôme Pruneau, Ph. D., Directeur général de la Diversité artistique de Montréal (DAM) et Mme Marie-France Marcil, Présidente de Visions sur l’art Québec (VSAQ) pour m’avoir écouté et pour valider mes idées.

À vous, que me lisez, je vous demande de l’aide pour la diffusion.

Les lettres sont disponibles ici:

lettre-artiste-ville-montreal-1
Lettre Mme Lucila Guerrero – Cachets artistes en art visuel
lettre-artiste-ville-montreal-2

Vous pouvez m’écrire pour répondre à vos questions ou lire vos commentaires.

www.info@lucilaguerrero.com 
Facebook: LucilaGuerreroArtiste/ 
Facebook: Projetaimer

 

2 Comments

  1. Tu as bien raison, et j’ai partagé ton article sur Facebook. Merci pour ton initiative.

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