mai 16 2012

Une séance de photo ?

D’accord. Souriez si vous en avez envie mais ignorez moi.

On me demande des fois si je fais des séances de photo. Je réponds que oui et d’une façon peu conventionnelle.

J’ai toujours été une observatrice des gestes et des comportements des gens. Du fait que je trouve complexe tout ce langage non verbal et les interactions de type social, ma méthode de survie tout au long de ma vie a été l’imitation. Des gestes, des comportements et des phrases. L’imitation par fois maladroite que par essaie et erreur je perfectionnais.

Le fait d’être observatrice des gens m’a captivé ou m’a intrigué ou m’a aussi rendue confuse selon la situation. En même temps j’ai découvert qu’il y a de la beauté dans chaque être humaine qui ne ressemble pas à la beauté commercial. C’est la beauté qui émane de l’ensemble de gestes. Cela me fascine. Dans des millions d’occasions  j’ai « pris des photos » juste avec ma tête oú je garde ces belles images.

Bien que je respecte les photographes conventionnelles et que je peux être capable de prendre des photographies de gens qui posent, ces images résultantes me parlent peu. Je n’arrive pas à ressentir une émotion aussi belle que quand je prends des photos des gens au naturel. En tout cas il me faudrait ajouter une ambiance spéciale de lumière ou transformer la couleur ou faire des traitements pour me connecter avec l’image.

Donc, ce que j’aime le plus, dans la photographie de portrait, c’est immortaliser la beauté des personnes qui se trouve dans les tâches du quotidien. Une personne qui travaille passionnément son œuvre, la complicité des parents avec son fils, les vrais sourires résultants du plaisir du partage, etc. Il y a aussi les thèmes qui m’intriguent: un regard ou un visage qui je n’arrive pas à décoder par exemple.

Si jamais vous êtes intéressés, on devra parler un peu avant pour « me situer dans votre espace ». Je ne vous demanderai pas de poser ni fixer un sourire, je vous demanderai de faire comme si je n’étais pas là et peu être que vous aimerais l’expérience.

 


mai 13 2012

fête des mères

 

Ma mère ne connaissait rien sur l’autisme mais elle savait que sa fille avait besoin d’un soutien spécial que elle n’a pas retiré. Elle était toujours là pour moi même si je n’en étais pas consciente. En conséquence elle a été traité avec des différentes adjectifs synonymes de sur-protectrice. Elle n’avait pas la chance d’avoir un argument pour se défendre.

Mes paroles sont dédiées aujourd’hui à ma mère et toutes les mères d’enfants différentes. C’est mon hommage et ma reconnaissance. Il faut développer un esprit fort et du courage pour faire face à une vie peu conventionnelle, pour vivre dans des hauts et des bas, entourées de critiques, d’incertitudes et de solitude.

Les larmes d’impuissance, d’indignation, de frustration, de confusion et de tristesse font partie de cette vie en différence. Pourtant le bonheur arrive à  chaque petite victoire. Certaines doivent attendre longtemps pour la joie d’entendre le premier « maman », le premier bisou ou le premier câlin.

attendre oui

attendre et attendre

comme si on avait le mot inscrit sur le front… on attend toujours et tout avec patience ou impatience.

Mon message est pour vous dire que vous êtes admirables. Vous êtes des mamans extraordinaires. Si votre enfant ne le dit pas encore ou il semble indifférente il le fera un jour. Il vous aime.

Et vous l’aimez votre enfant, vous le voyez  merveilleux.  La crainte est pour le regard des autres, le problème est dehors et vous priez pour vivre longtemps pour le protéger.

Je suis heureuse de compter encore avec ma mère même de loin. Je suis chanceuse. Comme maman je suis heureuse d’avoir mon fils tel qu’il est.

Chères mamans,

Je vous souhaite affectueusement une belle fête des mères.

différente !

 

 

 

 

 


mai 8 2012

Ma pensée structurée

 

La première fois que j’ai utilisé un ordinateur, j’ai testé un programme en BASIC qui demandait d’entrer le prénom et qui affichait ensuite: « Bonjour Lucila ». C’était ma première séance d’informatique. J’étais tellement fascinée que j’ai décidée, à ce moment là, d’abandonner mes études d’ingénierie pour  devenir informaticienne en analyse et programmation.

J’ai jamais regretté. L’informatique a été mon premier grand amour, je pouvais (et je pourrais encore) passer 10 heures à programmer tellement j’aimais le faire. Je me disais que j’étais née pour l’informatique parce que ma pensée était pareille à « celle de l’ordinateur ».

Je ne savais pas expliquer plus que ça. Je n’étais pas très bonne ni pour parler sur moi ni pour expliquer la raison de telle passion.

- « parce que j’ai une véritable vocation… « 

- « parce que lui et moi on se comprend bien… »

- « parce que je suis programmable comme lui… »

- « parce que j’utilise les programmes dans ma vie quotidienne… »

Maintenant je le comprends et cela depuis déjà quelques années même avant de découvrir ma condition asperger. J’ai une pensée logique que j’applique à tout moment. Ma logique est semblable à la logique informatique.

Pour parler le plus simple possible, je dirais que dans la logique informatique il n’y a pas des nuances, tout est clair. On peut programmer par exemple:

1. Vérifier la date d’expiration du document

2. Si le date a expiré refuser

3. Si la date n’a pas expiré accepter

C’est oui ou non. L’ordinateur n’accepte pas l’incertain.

Si on ne déclare pas 2. il y aura un erreur quand la date sera plus bonne. L’ordinateur « ne va pas savoir quoi faire ». Si on ne déclare pas 3. il y aura le même erreur si la date est encore bonne.

Vous me suivez ?

Malheureusement la vrai vie n’est pas comme l’ordinateur et les nuances, les flous, les vides me produisent l’équivalent à l’erreur : la frustration, la impuissance, la tristesse, l’anxiété. Le pire c’est l’incertitude.

Donc face à l’incertitude ou une règle incomplète ou mal structurée le programme de l’ordinateur bloque. Moi aussi. La durée peut être courte ou longue, ça dépend du contexte et de l’importance que je donne à l’épisode.

Enfant je faisais une crise. Adulte je me sens juste frustrée et ça peut me faire ralentir. J’analyse pour essayer de comprendre ou trouver une solution.

Après mon diagnostique j’ai fait la relation entre le syndrome d’asperger et ma pensée. J’ai su qu’il y a un bon nombre de personnes autistes qui sont informaticiennes. Ma théorie personnelle est qu’on trouve un endroit sécurisant dans cette structure logique, un endroit qu’on comprend bien et qui permet de se sentir valorisé en ayant l’habilité.

Je fonctionne à base de règles structurées. Je suis bonne pour planifier ou pour trouver la meilleure solution. Chez moi la vie est belle. Dehors il faut toujours gérer les émotions que l’ambiguïté (qui se promène partout) peut provoquer.

Voilà

J’espère ne pas avoir vous embrouillé, mon but dans l’écriture de textes c’est d’informer, d’aider et de donner petit apport pour la sensibilisation à l’autisme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


mai 3 2012

Mon écholalie et moi

Oui, comme plusieurs autistes, j’ai une écholalie. Elle est différée et je l’aime beaucoup parce qu’elle me fait du bien. Elle me fait sourire et si jamais vous m’entendez c’est un signe que je suis très à l’aise avec vous.

Je ne parle pas d’elle normalement, elle fait partie de mon intérieur qui je partage peu.

Pour ceux qui sont encore perdus, l’écholalie est l’action de répéter instantanément les paroles de son interlocuteur. Mon fils le faisait quand il était plus petit, l’écholalie immédiate en français, quand il parlait bien l’espagnol.

L’écholalie différée est aussi la répétition mais elle n’es pas immédiate, on garde dans notre « entrepôt à phrases », placé dans notre cerveau, des phrases dont le son ou les mots nous font plaisir ou des fois simplement parce qu’elles décident d’y rester toutes seules. Ça peut être des phrases entendues dans des publicités, dans des conversations, etc.

Elles s’activent pas la suite par association sensorielle, soit visuel, soit auditive, soit tactile, soit olfactive et même gustative.

Pour donner un exemple  facile:  je suis dans la classe et ma prof. qui explique un tableau de bilan financier prononce: « c’est quoi que j’apporte ? ». Dans ce moment là j’ai une forte envie de dire fort: « je pars en voyage et j’apporte… » (la publicité) mais… je ne le dis pas fort, je le dis dans mes pensées et ça m’amuse et me fait sourire. C’est vraiment l’une de mes sources de plaisir. Je crois qu’il y a une relation avec mon amour pour les jeux de mots.

Jusqu’à là « tout va bien » (du côté vie en groupe),  je suis une adulte et j’ai appris avec le temps à savoir me contenir pour éviter des malentendus. Du côté personnel j’aimerais avoir la liberté de le faire ouvertement mais entre les confits  et la paix j’ai choisi cette dernière… c’est le prix.

Avant je le faisais bien, ça faisait rire les autres avec moi mais ça pouvait être pris comme un mauvais comportement et même comme une provocation si on était dans une salle de classe ou dans un travail d’équipe avec notre chef .

Il arrive que l’écholalie a l’air d’avoir du sens dans une conversation, des fois ça colle de façon drôle, des fois de façon déconcertante et des fois comme une réponse peu polie ce qui nous apporte des problèmes avec nous chers NTs et bon, cela n’est pas la faute à eux non plus, ils ne le savent pas ce qui se passe dans notre tête.

Mon fils  par exemple qui est encore dans la belle étape de « liberté » a déjà eu des mauvaises critiques à cause de répéter des phrases de films, les gens des fois ont été choqués… c’est triste mais ça peut aller jusqu’à là.

Donc je voudrais que mon texte sert à expliquer un peu de quoi il s’agit.

Ce n’est qu’un répétition, automatique si vous voulez, il y a aucune intention de réponse, ni de type provocation ni de type plaisanterie. En fait, il y a aucune intention de communiquer. C’est juste un jeu qui fait plaisir. Si ça vous fait pas rire, ignorez-le, simplement.

 

 

 

 

 

 

 


mai 2 2012

La vidèo de présentation

Quand on visite mon ancien site web, encore en ligne, tout en arrivant, il y a une vidéo dont le message est clair pour moi mais pas très évident pour certaines.

Puisque plusieurs personnes m’ont posé des questions, je crois que ça mérite un texte d’explication.

 

 

Il s’agit de mon profil d’artiste. J’ai une belle connexion  avec la nature qui me fascine, m’inspire et me bouleverse. Je ressens un profond amour pour la nature et chacun des êtres vivants, surtout les plus petits, peut être parce qu’ils sont souvent les plus oubliés et les plus souffrants dans l’absurde chaine alimentaire.

J’ai fait un travail de photomontage pour me représenter face à toute ce merveille et j’ai transformé l’image pour faire connaitre le travail de transformation graphique que j’aime appliquer des fois à mes images.

Pourquoi la nudité sous entendue ?

Parce que toute mon ouvre c’est un reflet de moi, une image authentique de ma personnalité, de ma pensée, de mes objections ou interactions que je concrétise dans une photo ou une peinture. Je suis pas aucune tendance, mon travail est propre de moi et c’est moi qui se donne à travers lui.

et pourquoi la solitude ?

Parce que c’est l’une de mes caractéristiques comme artiste, le travail solitaire pour me plonger dans la beauté.

:)

 

 


mai 2 2012

Chers neurotypiques

Je transcris le texte que j’ai écrit sur ma page Facebook suite à la lecture de plusieurs articles qui parlent des personnes autistes comme si on était des malades:

 

« Chers neurotypiques,
par Lucila Guerrero, jeudi 29 mars 2012, 12:45 ·

Vous pouvez lire: chers non-autistes si vous voulez

Mon message s’adresse aux personnes qui ne sont pas directement concernées et qui connaissent très peu de l’autisme, donc parents et proches impliqués ou personnes ouvertes d’esprit sachez que je ne parle pas de vous.

1. L’autisme ce n’est pas une maladie. Je suis asperger et je suis en parfaite santé, arrêtez de nous traiter de malades.

2. Notre intelligence est différente, elle n’est pas ni meilleure ni pire, juste différente même si on peut avoir parmi nous des personnes vraiment brillantes.

3. Nos ‘difficultés’ sont souvent à cause que vous êtes plus nombreux. Si c’était à l’envers nos particularités seraient juste ça, des particularités et ne pas des difficultés.

4. Acceptez nos différences, on le fait souvent de notre côté mais c’est à vous aussi de donner votre tolérance pour vivre en harmonie.

5. N’essayez pas qu’on devient comme vous. On a nos propres idées, notre propre perception du monde et nos propres valeurs (très riches).

Voilà,

c’est bien pour aujourd’hui et je signe comme vous aimez qu’on signe

mes cordiales salutations,

Lucila Guerrero

artiste en art numérique, informaticienne, asperger et maman

(qui a assez des commentaires négatifs sur nous) »

 

 


avr 27 2012

Bienvenues !

 

Voici ma nouvelle page qui va nous permettre d’interagir mieux.

Je vais écrire des articles sur cette colonne. Des fois je parlerai de l’art, des fois des thèmes du quotidien et des fois de l’autisme.

La Galerie (en haut) va contenir mes photos distribués en albums. Elles vont être accompagnées d’une description et une suggestion de présentation.

Il y a une section à droite qui parle sur moi pour ceux qui voulaient me connaître d’avantage. Ma bio et ma démarche artistique y sont disponibles.

Je vais ajouter bientôt une option pour détailler mes services en photographie et traitement artistique. Également je vais transférer quelques articles qui ont été publiés sur ma page Facebook.

Bref, ça sera mon petit monde à partager avec vous.

Sentez vous libres de  laisser des commentaires.

Mon ancien site web est encore en ligne à l’adresse: http://lucilaguerrero.com/intro.html

Bonne visite !